Décès de Boncana Maïga : le Mali perd un maître de l’orchestration africaine
Le monde culturel malien est en deuil. Boncana Maïga s’est éteint ce 28 février 2026 à Bamako. Avec lui disparaît l’un des plus grands architectes du son mandingue moderne, un musicien raffiné qui a su marier tradition et modernité avec une élégance rare.
Né à Gao vers les années 1940, Boncana Maïga fait ses premiers pas dans les années 60 au sein du Négro-Band, orchestre mythique avec lequel il sillonne le Mali. En 1963, une bourse l’emmène à Cuba. Là-bas, il approfondit la maîtrise de la flûte et du saxophone, deux instruments qui deviendront sa signature.
De retour en Afrique, il fonde en 1968 le groupe Les Merveilles du Mali, avant de s’installer durablement en Côte d’Ivoire. À Abidjan, il construit l’essentiel de sa carrière. Professeur à l’Institut National des Arts, puis directeur adjoint du Conservatoire, il dirige pendant 14 ans l’orchestre de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne. Il devient une référence incontournable dans l’arrangement et la direction musicale.
Son talent séduit de grandes figures africaines comme Alpha Blondy ou Abdoulaye Diabaté. En 1988, il signe la musique originale du film Bal Poussière, réalisé par Henri Duparc, après avoir composé pour le téléfilm Aya en 1986.
En 1992, il cofonde le groupe Africando avec Ibrahima Sylla, un projet audacieux qui marie salsa new-yorkaise et rythmes africains. Ce groupe propulse la musique afro-latine sur les grandes scènes internationales.
Au-delà des titres et des distinctions, Boncana Maïga laisse l’image d’un pédagogue exigeant, d’un compositeur méticuleux et d’un ambassadeur culturel passionné. Son œuvre traverse les générations et continue d’inspirer les jeunes artistes africains.
Sa disparition marque la fin d’une époque, mais son héritage musical reste vivant. Le Mali et toute l’Afrique saluent aujourd’hui la mémoire d’un maestro dont les mélodies résonneront longtemps encore.
M.O.M-ACTU/ RÉDACTION