La désinformation n’est pas un phénomène nouveau. Cependant, avec l’avènement des réseaux sociaux, elle a pris une nouvelle ampleur et gangrène aujourd’hui l’espace médiatique malien. Pour inverser cette tendance, le projet Truth Tech, mis en œuvre avec l’appui financier du Fonds d’Appui aux Moteurs de Changement (FAMOC), a initié un atelier de formation sur le fact-checking, destiné à 50 journalistes et étudiants.
La session s’est tenue du 24 au 29 novembre à l’École Supérieure de Journalisme et des Sciences de la Communication (ESJSC) de Bamako. L’objectif principal de cette initiative est de renforcer les capacités des professionnels des médias et des futurs journalistes afin de lutter efficacement contre la désinformation. Le projet, conduit par Truth Tech, est placé sous la direction de Mme Guindo Idelette Bissuu, journaliste et enseignante-chercheure à l’ESJSC.
Elle explique qu’il s’agit d’un programme de 10 mois au cours duquel les participants travailleront comme lanceurs d’alerte, en produisant des vidéos, des audios et des textes de vérification.« Ma plus grande joie est que les participants ont assimilé beaucoup de choses durant les six jours de formation, répartis entre deux cohortes de 25 participants », souligne-t-elle. Elle ajoute : « Aujourd’hui, chacun est capable de vérifier l’exactitude des informations et de rédiger un article de fact-checking ».
Parmi les bénéficiaires, Kadidiatou Traoré, étudiante en licence 3, affirme avoir beaucoup appris : « Avant, je ne connaissais pas les outils nécessaires pour différencier une bonne information d’une fausse. Je sais maintenant comment utiliser des outils de vérification tels que Google Images ou InVID, et comment produire des articles de fact-checking », explique-t-elle.De son côté, Aboubacar Warma, également étudiant en licence 3, abonde dans le même sens. Il estime que cette initiative est « tombée à pic », dans un contexte où le pays est régulièrement ciblé par des campagnes de désinformation provenant, selon lui, de certains médias occidentaux.
« Former les acteurs des médias à contrer les fake news est une initiative à saluer, compte tenu de ce que traverse notre pays aujourd’hui », déclare-t-il. Il invite par ailleurs les participants à mettre en pratique les connaissances acquises pour contribuer à la défense du pays contre la désinformation.