samedi, mai 21, 2022

Dr Choguel Maïga, premier ministre : « ces 24 mois de transition sont non négociables ! »

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Au cours des dernières négociations, entre le président de la Transition et la délégation de la CEDEAO, c’est la dernière proposition faite par les autorités maliennes. C’est à prendre ou à laisser, leur a dit le président de la Transition. Alors que, l’organisation sous régionale était venu avec deux propositions : entre 12 et 16 mois. A la fin, aucun accord n’a été possible entre les deux délégations. Pour en savoir davantage, nous avons interrogé le chef du gouvernement. Entretien.

Mr le Premier ministre, quelle suite peut-on donner à ce bras de fer entre le Mali et la CEDEAO ?

Il n’y a que deux suites à donner à cette affaire : soit, la CEDEAO accepte notre proposition de 24 mois ou nous mettions fin à cette mascarade.

C’est à dire ?

C’est à dire que le Mali quittera, définitivement, la CEDEAO et tout le reste.

Quoi ?

Vous avez bien entendu ! S’ils veulent nous imposer une autre date, outre que celle réclamée par notre peuple, nous n’hésiterons pas un seul instant.

Et s’en suivra quoi ?

Je ne sais pas encore ? Mais la CEDEAO et l’UEMOA, soutenus par la France, qui tient à nous faire payer notre audace de lui avoir dit tout haut ce que les autres pensent tout bas, doit le savoir : nous ne nous laisserons plus faire. C’est fini. A eux de voir !

Donc, ces prochains jours risquent d’être décisifs ?

Très décisifs, car nous sommes prêts à toutes les éventualités. A la France et à ses hommes de main de faire le bon choix.

Croyez-vous que la CEDEAO acceptera de laisser partir le Mali de ses rangs ?

Je n’en sais ! En tous cas, toutes ces options sont sur la table.

Le Mali va-t-il aussi quitter le Franc CFA ?

Pourquoi pas, tout est sur la table, vous ai-je dit ! on ne se laissera plus manipuler. Parce que chaque nouvelle mesure prise par la France, contre nous Maliens, appelle une nouvelle réaction.

L’arrivée de nouveaux matériels militaires, la semaine dernière de Russie renforce-t-il votre conviction d’avoir fait le bon choix ?

C’est évident !

Le Mali semble avoir quitté le giron français. Mais, est-ce à dire que c’est fini avec la France ?

Non, pas du tout ! Le Mali est toujours prêt à coopérer avec d’autres pays, d’autres nations, qui le désirent. Mais, selon le système gagnant-gagnant.

Que devrait faire, aujourd’hui la France, pour revenir dans les bonnes grâces du Mali ?

Elle sait mieux que quiconque ce qu’il faut faire. Mais, elle ne le fera pas, parce qu’elle doit accepter, d’abord, que le monde a changé. Et ça, elle ne le fera jamais.

Comment qualifiez-vous l’attitude des pays de la sous région, face au Mali ?

Je n’ai pas besoin de dire quelque chose. Ecoutez ce que disent d’eux les autres pays d’Afrique. C’est plus illustratif, je crois.

Mr le Premier ministre, qu’est qui vous fait croire que le régime qui viendra après vous fera les mêmes choix que vous ?

En tout cas, pour tout vous dire, c’est pour cela que certains sont pressés de nous voir partir. Mais, la balle est, désormais, dans leur camp : ou ils nous laissent 24 mois que nous avons demandés, ou on coupe les ponts avec eux. Il faut choisir.

Interview réalisée par le Mollah Omar

Source : Canard Déchainé

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