lundi, décembre 5, 2022

Centre de Santé et de référence de la Commune V: La maternité livrée aux indélicatesses des sages-femmes.

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La maternité du Centre de Santé et de Référence de la Commune V du District de Bamako est en passe de devenir un calvaire pour les parturientes. En cause, la violation du code de déontologie médicale par certaines sages-femmes, qui s’adonnent à des ventes illégales de produits extraits des kits d’accouchement. Plusieurs d’entre elles ont été déjà identifiées et devraient répondre bientôt de leurs actes devant l’Inspection de la Santé.

Vraiment, je ne comprends pas. J’ai amené ma femme au CSREF du quartier Mali pour son accouchement et on me dit de payer l’argent du gant qui fait 1000 FCFA. Si tu ne donnes pas, on ne va pas toucher à votre patiente alors qu’elle a les douleurs d’accouchement « , s’était plaint un homme sur la page Facebook « Stop à l’incivisme au Mali « .

Alertés par cette situation délicate, nous avons mené des investigations qui ont révélé que plusieurs sages-femmes de ce Centre sont coutumières de cette pratique, formellement interdite au sein de l’Etablissement sanitaire.

Toutefois, il convient de souligner qu’il existe deux types de kits d’accouchement. Le premier kit est réservé à l’accouchement par césarienne. Il est gratuit. Cependant, il nous est revenu  que la dotation des centres de santé par la Pharmacie Populaire du Mali est incomplète. Notamment, elle manque de sérum glucosé et de produit anesthésiant local.

Le second kit est celui qui est composé pour les accouchements par voie basse. Il est disponible  à la pharmacie du Centre de Santé à un prix subventionné de 8970 FCFA, dont le prix AMO est estimé à 2691 FCFA. En plus d’acheter ce kit, chaque parturiente doit payer les frais d’hospitalisation en raison de 5000 FCFA, dont le prix AMO est 1500 FCFA. Soit un total de 13.970 FCFA (sans AMO) à payer pour chaque femme qui accouche.

En ce qui concerne ce kit, certaines sages-femmes de la maternité du CSREF C5 ont pris l’habitude de s’adonner à une pratique malsaine. Ainsi, elles se procurent certains composants du kit, ailleurs, pour les revendre illégalement aux patientes. Un commerce rentable pour elles, car une paire de gants, cédée dans la pharmacie du Centre au prix subventionné de 500 FCFA, est revendue à 1000 FCFA.  » En 2020, les kits ont été périmés dans la pharmacie à cause de cette pratique  qui engendre des manques à gagner pour l’Etat «, nous a confié un responsable de l’Etablissement sanitaire.

Notre source a aussi rappelé que la logique voudrait que les sages-femmes  prescrivent les produits sur une ordonnance au lieu de les vendre illégalement sans reçu. « Le hic est qu’elles prennent également avec les parturientes la somme de 25.000 FCFA comme frais d’accouchement, alors que ce prix est fixé à 5000 FCFA «, a-t-elle révélé.

Ces informations ont été confirmées par certaines travailleuses exemplaires  de la Maternité, qui ont également révélé que plusieurs auteures ont été déjà identifiées suite à des dénonciations des accompagnants des parturientes.  » Il s’agit d’une trentaine de sages-femmes qui ont reçu des notifications d’avertissement avec ampliation. Aussi, l’Inspection de la Santé a formulé des recommandations. Parmi celles-ci, on parle de la mutation de certaines sages-femmes ailleurs «.

Paradoxalement, nos sources ont souligné que le CSREF C5 compte un nombre pléthorique de sages-femmes alors que les régions et les cercles sont en manque. A cet égard, les plus hautes autorités de la santé sont interpellées.  Affaire à suivre !

Sory Ibrahima  COULIBALY

Source: l’Indépendant

 

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