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Coopération : Bamako et Moscou entendent passer à la vitesse supérieure

La défense et la sécurité, la lutte contre le terrorisme, l’énergie, l’exploitation des ressources minières, l’agriculture sont, entre autres questions, abordées lors de la visite du chef de la diplomatie malienne dans la capitale russe

En visite à Moscou en Russie, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop et son homologue Sergueï Lavrov ont co-animé hier une conférence de presse au cours de laquelle ils ont évoqué les grands axes de la coopération entre les deux pays.

À ce propos, le ministre russe des Affaires étrangères a indiqué avoir eu des discussions constructives avec son homologue malien sur les questions de la coopération bilatérale et qui s’appuient sur des traditions historiques. «Nous avons convenu de renforcer le dialogue politique avec le Mali. Les discussions se déroulent de façon tout à fait positive, avec une grande attention sur la coopération économique et commerciale», a-t-il expliqué.

Les discussions, a renchéri Sergueï Lavrov, ont aussi porté sur des domaines prometteurs comme l’énergie, l’exploitation des ressources minières, les nouvelles technologies de l’information et de la communication et l’agriculture. «Sur ces questions, des contacts sont déjà établis, notamment avec les structures qui avaient été choisies à l’issue du 1er sommet Russie-Afrique, tenu en 2019», a relevé le ministre Lavrov.

Dans ce cadre, des entreprises russes sont venues au Mali en 2020 et ont pu traiter des projets avec des partenaires potentiels, a dit le chef de la diplomatie russe, ajoutant que les deux pays envisagent des «projets d’envergure» sur la base des accords, notamment l’accord de défense pour lutter contre le terroriste au Mali. Sur ce plan, en plus des équipements militaires,la Russie va aussi continuer la formation des cadres militaires maliens, a-t-il assuré.

Le ministre russe des Affaires étrangères a aussi signalé que son homologue Abdoulaye Diop lui a fait savoir que la situation au Mali ne permettait pas la tenue des élections maintenant. «Nous comprenons la nécessité de renforcer la lutte anti-terroriste. Nous comptons mettre à la disposition du gouvernement du Mali un certain nombre d’équipements. Nous allons faire tout ce qui est possible pour éviter que la menace terroriste pèse sur la structure de l’État.

Puisqu’il y a un risque qui est là, avec la décision des autorités françaises de fermer les trois bases militaires de Barkhane dans la zone où les groupes terroristes sont plus actifs», a-t-il détaillé, ajoutant que le Conseil de sécurité doit privilégier le dialogue avec les pays en crise en Afrique et exclure toute ingérence dans les affaires intérieures de ces pays. Sergueï Lavrov a dit avoir accepté volontiers l’invitation de son homologue Abdoulaye Diop à se rendre au Mali.

Pour sa part, le ministre Abdoulaye Diop s’est dit heureux d’effectuer cette visite en Russie dont le but est de «renforcer et diversifier» la coopération bilatérale. « Ma visite ici n’est pas une surprise parce que la Russie et le Mali sont des partenaires stratégiques et des alliés historiques», a-t-il dit, en rappelant que c’est dès son indépendance que le Mali s’est tourné vers l’ex-URSS pour bâtir une économie, une société et des Forces de défense et de sécurité fortes.

«Depuis, notre relation avec la Fédération de Russie ne s’est jamais démentie. Nous avons des milliers de militaires, de fonctionnaires et de cadres qui ont été formés dans ce pays. Nous tenons à exprimer notre gratitude pour cet investissement humain et matériel pour que le Mali soit là aujourd’hui», a-t-il affirmé.

PLANS DE PARTITION DU MALI- Le chef de la diplomatie malienne a répété que sa visite à Moscou consiste bel et bien à renforcer cette coopération dynamique. «Le Mali n’a rien à cacher en venant à Moscou. Je crois que c’est une relation qu’on fait au grand jour.

C’est une relation qui n’est dirigée contre personne mais qui est censée prendre en charge les préoccupations des Maliens pour assurer leur propre sécurité. Une relation qui est censée défendre l’intégrité territoriale et la souveraineté du Mali d’un côté et de l’autre, renforcer la stabilité de notre pays, mais aussi trouver une relation gagnant-gagnant sur le plan économique et commercial», a-t-il fait savoir.

Le ministre Diop a souligné que sa présence dans la capitale russe consiste également à donner une «impulsion à la coopération de défense et de sécurité», expliquant que le «Mali, en tant qu’État, est en train aujourd’hui de se battre pour sa survie. Parce qu’il y a des plans de partition du Mali qui existaient depuis longtemps, et nous souhaiterons que le Mali soit mis à l’abri. Qu’on aide les Maliens dans le cadre de l’Accord pour la paix et la réconciliation».

Pour le ministre Diop, notre pays attend beaucoup de la Russie qui est un partenaire pragmatique, un partenaire réaliste qui a su faire la preuve de son efficacité dans le cadre de lutte contre le terrorisme dans d’autres théâtres d’opération.

« Aujourd’hui, nous souhaitons pouvoir compter sur les appuis que nous avons demandés sur le plan des équipements militaires, sur le plan de la formation et de tous les moyens qui permettent à nos forces de défense et de sécurité d’être les premiers responsables de la sécurité du Mali. C’est extrêmement important et cela doit être compris par tous que le Mali n’est pas en train de sous-traiter sa sécurité.

Le Mali veut avoir les capacités nécessaires pour pouvoir assurer sa sécurité. Dans ce cadre, il est absolument normal pour le Mali de diversifier ses partenaires. Notre pays apprécie déjà les premières livraisons d’équipements de la Russie du mois dernier et espère que les autres en chantier puissent se matérialiser», a-t-il ajouté.

Répondant à une question de la presse,le chef de la diplomatie malienne a dit que le Mali n’a signé aucun contrat avec la société paramilitaire Wagner, précisant que la relation entre le Mali et la Russie est une «relation d’État à État».

Madiba KEÏTA

Source : ESSOR

 

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