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Mali-CDEAO : Un compromis toujours possible

Le prochain sommet des dirigeants ouest-africains annoncé ce dimanche à Accra offre une opportunité pour que les lignes bougent dans le bon sens, surtout dans l’intérêt du peuple malien qui, éprouvé par une longue crise multidimensionnelle, n’aspire qu’à des lendemains meilleurs

Un sommet extraordinaire est prévu à Accra, dans la capitale ghanéenne, dimanche 7 novembre. Lors de ce rendez-vous, le Mali va certainement réaffirmer sa position déjà connue, à savoir l’élaboration d’un chronogramme à l’issue des Assises nationales de la refondation, prévues en décembre.

Jusqu’ici, l’organisation communautaire continue de réclamer le respect du délai de février 2022 pour l’organisation des élections. À première vue, les positions semblent inconciliables. Mais en diplomatie, les lignes bougent très souvent en cas de discussions autour d’une table. Le sommet d’Accra pourrait donc être, selon certains observateurs, celui du compromis entre Bamako et la CDEAO.

Un bras de fer n’arrange personne. Ni les autorités maliennes qui tiennent à maintenir des relations avec la communauté internationale tout en affirmant de plus en plus leur souveraineté. Ni l’organisation communautaire qui fait face à beaucoup de critiques pour sa gestion, difficilement exempte de reproche, des crises sociopolitiques de la sous-région.

L’optimisme est permis. Même si le fossé est large entre les deux parties. La visite du Ghanéen Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, président en exercice de la CDEAO, le dimanche 17 octobre à Bamako, n’a visiblement pas permis de rapprocher les positions.

La tension est même montée d’un cran, après que le Mali ait déclaré « persona non grata» le représentant spécial de la CDEAO, Hamidou Boly, pour «agissements incompatibles» avec son statut. La position de la CDEAO de ne pas concéder une prolongation de la Transition, bénéficie du soutien de l’Union africaine (UA) et de l’Organisation des Nations unies (Onu).

Mais lors des échanges d’Accra, les autorités maliennes pourront expliquer que le plan de sortie de crise de la communauté internationale pour notre pays ignore les questions fondamentales comme la nécessité de la refondation.

Les dirigeants actuels sont bien décidés, conformément aux aspirations de la plupart de nos concitoyens, à jeter les bases de quelques réformes pouvant garantir notamment la transparence des futures élections. L’organisation des Assises nationales de la refondation et la création de l’Autorité indépendante de gestion des élections participent de cette volonté d’instaurer des institutions solides et éviter au pays une nouvelle crise.

Il est fort probable que le pouvoir intérimaire maintienne ce cap, soutenu par une frange importante de la population. La volonté populaire s’est exprimée, vendredi à la place de l’Indépendance, en faveur d’une prolongation de la Transition.

Ce même jour, au siège de l’Onu à New York, notre représentant permanent, l’ambassadeur Issa Konfourou, revenait sur la nécessité de mener des réformes politiques et institutionnelles pour remettre le Mali sur les rails.

D’ailleurs, avait-t-il rappelé opportunément, la nécessité de réformer en profondeur a été reconnue par les «dirigeants de la CDEAO qui, dès octobre 2018, avaient recommandé, à l’issue de leur Mission d’information relative à la crise post-électorale de mener des réformes approfondies au Mali». Et le patron de la Minusma, El-Ghassim Wane, se prononçant sur la situation sécuritaire, avait concédé : «En dépit des efforts collectifs, la réalité est que la situation sécuritaire s’est détériorée et la crise s’aggrave» à travers le Mali.

Ce dimanche à Accra, comme en septembre dernier, les chefs d’état pourraient brandir des «sanctions ciblées contre des individus, dont les actions impactent négativement le calendrier de la Transition tel qu’arrêté». Mais cela n’exclut pas la possibilité d’un compromis sur l’essentiel.

L’insistance des dirigeants ouest-africains à s’intéresser à la crise malienne est un indicateur de la place centrale qu’occupe notre pays en Afrique de l’Ouest. Ils vont certainement tenir compte de l’agenda de l’intérêt commun, en évitant de prendre des mesures qui menaceraient davantage un pays déjà fragilisé par la crise.

Issa DEMBÉLÉ

Source : ESSOR

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